Fracture du Col du Fémur : Voir le récapitulatif des articles et de leurs sommaires


C’est la suite de « Noël à l’hôtel de La Fracture »

Debout ! Dans les pommes…

Assis ! Dans les pommes…

Lève-toi et marche !

Jambe tendue ou pliée ?

Maison…Maison…

Tous les espoirs sont permis !

ANNEXE : Réflexions sur la violence

Debout ! Dans les pommes…

Le lendemain de l’opération, mercredi 26 décembre 2007, les soignantes me proposent de me mettre debout pour faciliter par action de la pesanteur la miction rendue difficile après l’anesthésie. Une autre souffrance commence… Bien qu’elles déplacent délicatement mes pieds pour les mettre au bord du lit, je ressens une très vive douleur. Je prends alors 2 serviettes que j’entoure un peu en dessous du genou et au dessus de la cheville et je les tiens chacune par une main. Ainsi je peux déplacer moi-même ma jambe. Je procède par des déplacements très lents et ma technique fait l’admiration des jeunes soignantes. Je l’avais déjà travaillé dans mon lit pendant la nuit pour changer de position. Ma jambe arrive ainsi en bordure du lit. Je glisse doucement le bassin et suis presque en position pour me mettre debout. J’ai réussi à ne pas me faire souffrir. Je m’apprête à poser le pied par terre. Horreur ! Je ressens une douleur horrible, c’est pas possible, je ne marcherai plus jamais !!! Une angoisse me saisi en découvrant mon état réel du moment. Je sens que la tension baisse rapidement alors qu’elle était très bonne. Je m’assieds au bord du lit et on me fait un test de taux de sucre dans le sang par un prélèvement pris au doigt. Vous avez sans doute une hypoglycémie me dit la soignante, logique quand on ne mange pas ! Elle trouve 1,26, donc ce n’est pas ça. Avec toutes les perfs de glucose je regorge de sucre et pourrais alimenter une usine ! Je vais finir par tomber dans les pommes pour me réveiller dans le lit sous le regard des jeunes soignantes. Après ce malaise vagal les exercices de la journée vont s’arrêter là.

Pendant la nuit mon voisin n’arrête pas de se plaindre de sa minerve qu’il cherche à enlever par tous les moyens. Il me demande si j’ai un couteau et va même en réclamer un à l’infirmière ! Sans succès !

Assis ! Dans les pommes…

Le lendemain, 48 heures après l’opération, il faut aller s’asseoir dans le fauteuil. Le programme de travail est : levé, quelques pas, assis. Ma jambe me fait mal mais les soignantes (bien plus âgées que la veille) me demandent de m’appuyer sur leurs épaules pour avancer. J’ai mal dans ma jambe mais aussitôt devant le fauteuil il faut tenter de s’asseoir. C’est effroyable ce qui se passe dans cette jambe. L’échange verbale avec les soignantes est plus que vif et je me sens vraiment agressé. Je souffre et pourtant je ne suis pas douillet mais elles ne m’accordent rien. Elles disent savoir, sont expérimentées, qu’il n’y a qu’à faire comme elles disent...Mais la plage de mouvements dont je dispose pour limiter la souffrance est des plus réduites. Une nouvelle fois je panique et une fois assis, alors qu’elles pensent en avoir fini avec moi et aller faire autre chose, je vais me venger à ma manière : les oreilles résonnent, indicateur que la tension a beaucoup baissé et que je risque fort de bientôt m’évanouir. Je ne le souhaite pourtant pas et je frappe mes joues pour tenter d’inverser le processus. Trop tard ! Je vais me réveiller dans mon lit avec 2 personnes pour s’occuper de moi et sans doute 3 ou 4 pour me porter ! Le chirurgien dit tous les matins que je pourrais sortir samedi et nous sommes jeudi ! Personne n’y croit sauf lui.

Après le repas je demande de pouvoir recommencer dans l’après-midi en rapprochant le fauteuil juste à côté du lit. On me répond que comme je fais des malaises cela mobilise du personnel et que…Elles refileront le bébé à la nouvelle équipe, après 15 heures. Je suis décidé à y aller, mais seul, sous surveillance. Et je vais réussir avec un minimum de souffrances. Je vais rester assis 3h30, seul dans la chambre car mon voisin de chambre m’a quitté. Après le repas du soir, porte ouverte, face au bureau des infirmiers, avec la sonnette à portée de main, je vais me recoucher sans déclencher aucune secousse majeure. J’aurai mis au moins 10 minutes mais ce succès me fait du bien au moral. De là à partir samedi, dans 30 heures !

Lève-toi et marche !

Le lendemain vendredi, après une nuit où j’ai enfin dormi, le chirurgien maintient : la sortie c’est pour samedi ! Une sympathique et jeune infirmière de nuit m’avait dit qu’il fallait une semaine. Quand je lui apprends que le chirurgien prévoit pour samedi elle me répond "ça m’étonnerait !" Je formule l’hypothèse qu’il faut faire de la place pour les accidentés du week end puis du 1er janvier! Je suis mauvaise langue, en réalité il y a de la place comme je l’apprendrai. Mais je me demande toujours comment je vais pouvoir vivre chez moi dans un tel état. Je découvre peu à peu ce qui se produit et le chirurgien explique que c’est le métal qui réagit. Je sens en effet quand le métal est sollicité, et il suffit de très peu de mouvement, une vibration sur toute sa longueur et c’est impressionnant. C’est ce processus qui m’avait vivement effrayé et m’avait conduit dans les pommes, plus par le stress et l’angoisse que sous l’action de la douleur. Mais on ne m’avait rien expliqué. C’est un hôtel, pas une université ! Le dimanche, après un mouvement un peu rapide, je verrai ma jambe remonter toute seule comme propulsée par un ressort !

Les soignants me demandent d’aller faire ma toilette au lavabo. Je vais alors traverser toute la chambre en déambulateur sous double surveillance, dont un homme costaud, juste derrière moi. Je suis suivi pas à pas et les pas sont très courts. Ils craignent un nouveau malaise vagal avec retour au tapis ! Mais c’est beaucoup plus facile de marcher que de s’asseoir. Hier matin j’aurais sans doute pu marcher, cela m’aurait mis en confiance, alors que de me faire traîner au fauteuil fut catastrophique. Pourquoi nous fait-on commencer par des changements de position qui sont beaucoup plus difficiles plutôt que de marcher alors que le chirurgien dit à chaque visite que c’est la marche qui permet de récupérer ?

L’entrée dans le cabinet de toilette exigu est très délicate et dangereuse. Devant le lavabo, une chaise sans accoudoirs avec pour seuls appuis une tablette vite lointaine dans ces conditions et un lavabo branlant. Il faut changer constamment d’appuis, se retourner, trouver une place pour le déambulateur, aller devant la chaise, s’appuyer sur un lavabo instable pour enfin s’asseoir…A 90 ans on doit avoir 50 occasions de tomber. Heureusement que je suis encore assez souple, entraîné et bien coordonné. L’avantage pour les soignantes est que si ça passe, ce qui sera, elles m’enverront demain faire ma toilette sans avoir à s’occuper de moi. Je retourne seul pour m’asseoir dans le fauteuil en attendant la kiné qui, selon les normes en vigueur, ne pouvait pas me prendre pour me faire marcher tant que je n’avais pas réussi ...à m’asseoir !!! Le soignant place ma jambe allongée sur un banc.

Jambe tendue ou pliée ?

En arrivant, la kiné s’en étonne : « pourquoi vous ont-ils allongé la jambe ? » Elle veut m’aider à la dégager. Malgré toutes ses précautions elle me fait déjà mal et lui propose de le faire moi-même car je lui dit que le patient contrôle mieux. Elle en convient tout à fait. Je procède avec succès en plaçant une serviette sous le genou pour soulever moi-même ma jambe et la déplacer. Elle va me faire marcher dans le couloir puis me faire revenir avec des cannes. Elle m’engueule vertement, mon style n’est pas bon, je ne lève pas assez les jambes…"Vous marchez comme un impotent me dit-elle !" C’était pas vraiment mon problème, je cherchais seulement à éviter de déclencher une soudaine et violente douleur, pas à épater la galerie. Je lui rétorque qu’elle est là pour m’apprendre, ce dont elle convient aussi. La plage de manœuvre est d’ailleurs très étroite car c’est le métal qui retient l’os, du moins c’est ainsi que je le comprenais. "Vous êtes en retard me dit-elle, il faut rattraper le temps perdu !" J’ai vraiment l’impression qu’on cherche à se débarrasser de moi. Elle fait allusion à mes malaises des premiers jours qui ont retardé. On en parle. Je lui dis que je me sentais en plein désarroi et que c’est cette angoisse qui provoquait ces malaises vagaux. "C’est pas de notre faute mais de la vôtre me répond-elle sèchement !" Les attitudes agressives de la part d’une partie du personnel féminin se confirment ! C’est peut-être de ma faute mais je n’y pouvais rien, ce n’est pas une attitude de vrai thérapeute que de parler ainsi. J’avais d’abord besoin d’être mis en confiance avec moi-même. Ce n’est pas en étant aidé par des soignantes qui ne songent qu’à se débarrasser de vous pour aller ailleurs et qui, de ce fait, ont tendance à violer les exercices, que je pouvais être mis en confiance. Nous sommes en secteur public. Dans le privé aucun thérapeute ne pourrait se comporter ainsi sous peine de perdre tous ses clients.

Si on nous fait faire la toilette au lavabo c’est pour gagner en autonomie le lendemain, je le comprends bien, mais ce n’est pas forcément en ayant comme premier exercice de tournicoter dans un cabinet qu’on progresse le plus rapidement et avec la meilleure sécurité. Quand j’écris ces lignes, 6 jours après l’opération, j’ai plus d’expérience et je me rends compte que la zone blessée par la fracture et l’opération, c’est à dire la partie supérieure et externe de la cuisse gauche, se contracte très rapidement dès que je l’immobilise en position assise ou couchée. En particulier, la chair a été coupée sur 14 cm. Maintenant, je l’étire, même assis, en tirant le genou vers l’avant. Une fois debout, avant même de marcher, je m’étire vers le haut en soulevant les talons, appuyé sur le déambulateur. Au bout d’un moment, cela va beaucoup mieux et je peux marcher, m’asseoir, me relever, beaucoup plus facilement.

Ce travail plus en profondeur semble complètement ignoré dans le service de la maison de la Fracture. Même la kiné ne m’a pas fait travailler à ce niveau là. On en reste à une vision superficielle des choses : bord du lit, fauteuil, lavabo, couloir. Il faut y arriver coûte que coûte, en tirant, poussant, criant, mais y arriver pour le mentionner sur le registre. Rien sur ce qui se produit à l’intérieur et sur quoi agir pour y parvenir. Pourtant il existe une pub pour une eau minérale qui dit "ce qui se passe à l’intérieur se voit à l’extérieur ". Pour avoir fait du yoga et de la relaxation je comprends bien cette loi mais elle semble ignorée par nos institutions et les personnes qui les animent.

Au retour, je m’assieds jambe tendue sous le regard de la kiné qui me fait ensuite essayer une autre technique jambe pliée, ce qui se passe bien. "Vous voyez, me dit-elle !" Elle avait donc raison ! Je vais rester ainsi 8 heures car personne ne me proposera de marcher de nouveau et je n’ose m’y risquer seul. Le soir, après le repas, je demande à me recoucher. J’étais prêt à le faire seul comme la veille mais la soignante veut m’aider alors que je demandais seulement une surveillance. Dans 15 heures je serai chez moi et il n’y aura personne pour me soutenir car ma femme, opérée des valves cardiaques, ne pourrait le faire.

Ce soutien des soignantes sera à nouveau catastrophique. Après cette longue immobilité la jambe répond très mal, ce qui est normal. Même après 15 minutes c’est déjà raide. J’essaie de me relever jambe pliée comme me l’avait enseigné la kiné le matin en critiquant le service à ce sujet. Mais le matin j’étais chaud et c’est pourquoi ça allait. Mais là, c’est une autre affaire ! Toute la zone opérée est complètement contractée et je ne peux la détendre instantanément, problème qui paraît ignoré des soignants. Je fais plusieurs tentatives pour me relever, mais je me rassieds aussitôt car je sens que la jambe répond mal, ce qui a le don d’énerver les 2 soignantes qui m’encadrent et qui soupirent devant le temps ainsi perdu. Elles veulent en finir avec moi pour aller faire autre chose ...Elles ne le disent pas mais elles le crieraient avec un porte-voix ce ne serait pas plus clair tant leur attitude est explicite. Elles me soulèvent mais je résiste car je sais que je vais souffrir. Elles me disent de le faire jambe tendue, ce en quoi elles ont raison dans la situation présente. Je dis que c’est la kiné qui m’a demandé de faire ainsi. "On peut aussi" me répond-on. Elles ne me laissent pas le temps de détendre les zones meurtries, montent le ton et me disent :"écoutez ce qu’on vous dit et faites nous confiance !" Mais je dois écouter qui avec ces instructions contradictoires proférées comme des formules infaillibles ? Comme hier et comme avec la kiné le ton est très agressif. Je gêne et je dérange car je ne suis pas aussi passif que les vieux de 90 ans qui sont frappés par cet accident.

Une soignante, qui paraissait pourtant pressée d’en finir, reste un peu pour me dire des paroles très "encourageantes" : vous allez sentir les changements de temps, en raison sans doute d’une dilatation différente pour le métal et pour l’os. Cela fera un rhumatisme, puis, avec le temps il y aura une usure (entre l’os et le métal je présume), pas terrible quoi ! Elle présente tout cela en faisant des moues qui en disent long sur ce qui m’attend et sur la nature du soutien moral qu’elle veut m’apporter en cette période critique. Je me demande si c’est de l’information ou du sadisme…Peut-être pensait-elle que j'avais une prothèse.  Mais tout cela sera anéanti le lendemain matin par le chirurgien qui me dit que le métal sera enlevé dans un an ou deux car « vous êtes trop jeune pour garder ça ». Même s’il faudra repasser sur le billard, c’est une très bonne nouvelle !

Maison…Maison…

Samedi matin, c’est le grand jour ! Même si certains points essentiels de ma vie immédiate à la maison ne sont pas encore réglés et que demain c’est dimanche, je ne reste pas un jour de plus ici même si le médecin me le propose aussi car il y a de la place. Il a dû avoir vent de mes remarques à l’infirmière de nuit. J’en ai ma claque et ce n’est pas fini… Je remercie très chaleureusement le chirurgien pour m’avoir redonné confiance en moi. Il vient en effet d’ajouter que je vais récupérer très vite, ce en quoi personne ne croyait ici il y a 2 jours. J’ajoute en sa présence et celle de l’infirmière que ce ne fut pas toujours le cas dans le service où on me demandait de faire confiance alors qu’il fallait me donner confiance en moi, ce qui n’est pas qu’une nuance. Le chirurgien approuve mon propos en disant « oui, elles inversent, mais elles ont beaucoup de travail et n’ont pas toujours le temps de s’occuper… » Soit ! Elles ne sont pas responsables de tout et pas de leurs conditions de travail. Elles n’ont pas établi la succession aberrante des activités de récupérations mais rien ne les obligeait à tenir les propos que certaines ont eu à mon égard.

Ce matin elles m’envoient seul pour faire ma toilette sans aucune surveillance. Si je tombe, je ne pars pas ! Avec cette épée de Damoclès sur la tête il n’y a pas de risque ! Moi qui souhaitait, il y a peu encore, rester 2 jours de plus ! Au retour je ne vais n’y m’asseoir, n’y me recoucher mais seulement faire des pauses, appuyé sur le rebord du lit, puis je repars marcher. Je pense passer le reste de la matinée ainsi mais on me demande de me recoucher pour faire le pansement. J’obtempère aussitôt mais l’infirmière viendra très tard dans la matinée et j’aurais ainsi moins marché que prévu. C’est donc assis sur le lit que j’attends mon dernier repas à l’hôtel de La Fracture. Mes vêtements ont été placés à côté de moi. Après le repas j’essaierai de m’habiller puis j’irai galoper dans le couloir, ce que je ne peux faire dans ma tenue fort légère de malade...

Le repas arrive et la soignante me propose de manger assis dans le fauteuil, ce que je refuse :quitter la position assise sur le lit pour m’asseoir dans le fauteuil puis me relever pour me rasseoir sur le lit afin de m’habiller, non c’est ridicule puisque tout changement de position est délicat et douloureux. Elle repart en marmonnant : "ce n’est pas en restant couché qu’on récupère…". Une fois de plus je ne fais pas ce qu’il faut et je n’obéis pas …

Mais je suis bien décidé à leur jouer un nouveau tour à ma façon ! Je ne pensais vraiment pas pouvoir m’habiller seul complètement mais je vais y parvenir. Principal problème : les chaussettes ! Je suis assis sur le lit jambes allongées. Grâce au portique j’ai pu régulièrement étirer le dos ce qui me permet d’être assoupli et de mettre la chaussette droite sans plier la jambe bien que j’aurais pu le faire aisément. Mais c’est un test et c’est là où le yoga m’est utile : je suis dans la position pour pratiquer la posture dite de la pince assise qui consiste d’abord à aller saisir les pieds avec les mains. Je vais alors pouvoir faire de même avec le pied gauche et enfiler la chaussette sans provoquer aucune secousse. Je suis certain que les soignantes n’auraient pu y parvenir sans me faire mal. Il ne reste plus qu’à enfiler caleçon et pantalon. J’aurais une brève et légère douleur quand je soulèverai le bassin pour les enfiler.

Je descends du lit et constate que mes pantoufles sont difficiles d’accès pour moi, alors je vais marcher en chaussettes. En sortant de la chambre je suis nez à nez avec l’infirmière qui s’écrie « pas en chaussettes, vous allez glisser ! » Je lui suggère de me mettre mes pantoufles mais elle n’en fera rien et n’appellera personne pour le faire…Selon elle je serais en danger et elle m’y laisse ! Si je tombe elles ne gagneront pas du temps avec moi…Mais c’est comme ça depuis le début. L’adhésion au sol me paraît très bonne et vu l’amplitude de mes pas je n’ai pas l’impression de courir ce risque. Le personnel déjeune et, en passant devant leur salle, je vois la soignante qui m’avait apporté le repas. Je lui dis triomphalement que j’ai réussi à m’habiller seul. Elle me répond « il fallait nous appeler » Tu parles ! Uniquement si j’avais pas pu ! Je vais alors exécuter mon plan : faire des va et vient dans le couloir jusqu’à l’arrivée de l’ambulance qui me ramènera à la maison. Je repasse ainsi constamment devant ses yeux. Le chirurgien l’a dit, on récupère en marchant et je marche, je marche…pendant plus d’une heure…Non mais ! Le risque avec moi serait plutôt que j’en fasse trop me dira le kiné quelques jours plus tard. Je faisais au moins 3 heures de vélo par jour, en moyenne, sur les 365 jours de l’année, par de multiples va et vient dans des côtes très difficiles et parfois plus de 12 heures en montagne, alors ce ne sont pas les soignantes qui vont me donner des leçons d’exercices répétitifs ! C’est d’ailleurs cet entraînement en toutes saisons (et hors de saison !) qui m’a conduit à cet accident.

Dans l’ambulance me ramenant sur ma planète d’origine la brancardière me dit que c’est une fracture qui marque encore aujourd’hui le début de la fin pour les personnes âgées : elles ont une telle difficulté à surmonter au départ qu’elles en arrive à préférer rester couchées. Ce qui pourrait expliquer les propos des soignantes à ce sujet. Que si on fait asseoir ces personnes âgées plutôt que de les faire marcher, même en sur-place en raison des fils à la patte (les drains), c’est parce qu’elles avaient des difficultés à se déplacer avant la fracture et qu’on ne peut leur en demander plus. Autrement dit on applique à un sportif entraîné et en très bonne forme le même protocole que pour les grabataires ! Et on s’étonne qu’il y ait des problèmes !!!

Tous les espoirs sont permis !

Je viens d’apprendre que le coureur cycliste David Moncoutié qui s’était fracturé le col du fémur au cours d’une chute dans le Tour de Romandie, le 5 mai 2007, va reprendre la compétition en janvier 2008 en participant au Tour d’Australie. Tous les espoirs sont permis ! Courage à lui ! Il a gardé les cannes par sécurité dans l’appartement pendant 3 mois puis est remonté sur un vélo à 4 mois. Son exemple me donne du courage ! Il m’ouvre la voie, merci à lui !

Voici son blog  http://moncout.blogspot.com/ 

A suivre…

 

ANNEXE : Réflexions sur la violence

J’ai lancé ces réflexions inachevées pour les rares internautes qui viendront jusque là. Par discrétion sur un sujet aussi sensible je n’ai pas cherché à en faire une présentation valorisée.

Pourquoi une telle agressivité ?

Violence et amygdale lymbique

Le rôle capital des futures mères

Le coup de poing : méchanceté, vengeance, souffrance…?

Et si les extrêmes révélaient l’ordinaire ?

L’affaire d’Outreau, une affaire de trop ?

Dissoudre les programmes ancestraux

Les violences dans le divorce

Pourquoi une telle agressivité ?

Au cours de mon séjour à l’hôtel de La Fracture j’ai constaté que c’était les soignantes d’un certain âge et non les soignants masculins et les jeunes soignantes qui s’étaient montrées très agressives. J’y vois plusieurs raisons cumulées : le service commence à peser dans leurs jambes car elles doivent courir dans tous les coins et cela peut les rendre irritables ; la ménopause pourrait aussi agir dans le même sens en amplifiant ; des comptes à régler avec les hommes. Ce dernier point n’est qu’une hypothèse de réflexion mais il ne faut pas l’écarter. Je pense avoir perçu à plusieurs reprises au cours de ma vie ou dans des faits divers ce processus en action.

Il est de bon ton aujourd’hui de dire partout que c’est l’homme qui est violent et la femme qui subit. Une chercheure au CNRS, qui fut députée à l’époque, avait même remis en 2002 une étude au premier ministre, étude qui établissait que la violence était surtout le fait des hommes car il y avait une proportion considérablement plus importante d’hommes en prison pour faits de violence que de femmes. Quelle surprise !!! Je doute qu’une étude était vraiment nécessaire pour établir cela ! Il faudrait plutôt s’interroger sur les mobiles cachés pour que cette députée développe une étude aussi aisée et à la conclusion aussi évidente pour en faire une exploitation quasi officielle. Il serait plus judicieux, mais autrement plus difficile, de s’intéresser aux raisons de cette violence d’hommes à l’encontre de femmes plutôt qu’à un simple constat statistique évident. Et en premier lieux, c’est quoi la violence, car la définition n’est pas aussi simple qu’il y paraît.

Violence et amygdale lymbique

Des programmes ancestraux de violences sont enfermés dans notre amygdale lymbique au centre de notre cerveau, qui est le cerveau primitif. Garçons et filles naissent avec lui et lorsque certains programmes sont sollicités par les événements de la vie ils pourront fonctionner tout aussi bien dans les 2 sexes. Mais nous avons l’habitude de définir la violence par sa seule manifestation de symbolique masculine comme le coup de poing ou, d’une manière plus générale, toute blessure infligée au corps par un objet plus ou moins pénétrant. Pour des raisons qui pourraient être physiques, physiologiques et culturelles le monde féminin va manifester sa violence en attaquant d’une façon émotionnelle plutôt que physique. Ce type d’agression conduit rarement en prison mais les dégâts n’en seront pas moindre pour autant.

Toute personne se trouvant en position dominante par rapport à une autre pourra être soudain tentée d’en profiter pour manifester sa violence sous une forme ou une autre, comme le font des chiens apparemment gentils quand ils sont laissés seuls avec un enfant. Ne soyez pas choqués par cette comparaison avec le chien, notre cerveau primitif peut nous ramener soudain à des pulsions très animales. Cette attitude n’est l’apanage d’aucun des 2 sexes. D’une manière générale les enfants, les personnes âgées et les malades sont en situation dominée et les personnes qui les ont en charge pourront être tentées par la situation. Or les professions qui s’occupent de ces trois catégories de personnes sont très largement féminisées et offrent donc un terrain d’exercice privilégié pour des formes cachées et perfides de violence. Ouvrons seulement un peu les yeux. Mais nous y sommes tellement habitué que nous ne les voyons même pas alors qu’elles les crèvent ces yeux, y compris en famille.

Au journal de la santé, sur La Cinq, j’ai un jour entendu une psychologue affirmer que si des femmes sont violentes c’est parce qu’un homme les a au préalable initiées à cette violence. Aussitôt reprise par Michel Cymes, le présentateur, lui demandant de confirmer, elle se sent soudain mal à l’aise et cela crève l’écran mais elle confirme bien sûr, ne pouvant reculer. De tels propos, mettant la psychologie au service d’un militantisme, est assurément une forme d’agression renforçant l’anachronique clivage homme-femme à l’origine du réveil de beaucoup de violences enfouies. Par rapport au téléspectateur cette psychologue pouvait se sentir en position dominante, c’est elle qui SAIT, et elle en a profité un peu trop !

Jean-Jacques Rousseau affirmait que l’Homme naît bon et que la société le perverti. On sait aujourd’hui que c’est totalement faux car l’homme naît avec ce cerveau primitif enfermant de redoutables programmes de violence et ce cerveau existe bien entendu aussi chez la femme. Nous sommes frères et sœurs il ne faut pas l’oublier et ce n’est pas le sexe qui va changer cela, il peut seulement orienter vers des manifestations différentes de cette violence. Nous portons en nous tout ce qu’il faut pour que notre violence puisse se réveiller sans l’aide de personne. Nous ne devenons pas violents, nous le sommes de naissance et certaines circonstances peuvent seulement révéler la violence que nous portons tous en nous. Ces circonstances ne seront jamais ni des causes absolues, ni des justifications, ni des excuses. Mais les habitudes culturelles non seulement tolèrent mais aussi encouragent certaines manifestations dans certaines circonstances.

Voici un autre exemple particulièrement édifiant de ce que peut être la violence " au féminin" : en mars 2003, si ma mémoire est bonne, l’émission "Envoyé spécial" sur France 2 enquête sur 12 hommes en instance de divorce et accusés par leurs femmes d’actes pédophiles sur leurs enfants. Ils sont tous de la même région, au même tribunal et cela intrigue. L’enquête révèle que les 12 femmes ont toutes la même avocate qui leur a conseillé d’accuser ainsi leur mari pour faciliter le divorce en leur faveur…Il semble que ces 12 cas ne soient pas uniques en France. Mais l’on doit croire que c’est l’homme qui est violent et la femme qui subit…

Le rôle capital des futures mères

Tout homme a d’abord vécu les premières années de sa vie dans un univers relationnel et émotionnel presque exclusivement féminin. Pendant 9 mois tout être humain aura été au contact direct de toutes les émotions de sa mère et il va naître très puissamment et définitivement marqué par les émotions qu’elle lui aura transmises. Elles resteront dominantes tout au long de sa vie et il faut faire un travail bien particulier pour s’en libérer. Les futures mères ont-elles conscience de ce fait capital pour le futur comportement de leur enfant ? Malheureusement non et notre société ne fait rien en ce sens. Elle commence seulement à se battre pour mettre en garde les femmes enceintes contre les méfaits de l’alcool et du tabac. Alors l’impact des émotions de la mère sur le fœtus…c’est pas pour demain !

Et pourtant ! A travers cette loi de transmission qui fonctionne pour le positif comme pour le négatif, les futures mères détiennent un prodigieux pouvoir de transformations bénéfiques pour l’humanité. On peut les en informer et les guider mais ce sont elles, et elles seules, qui peuvent réaliser une mise en œuvre constructive par les pensées qu’elles entretiendront tout au long de l’attente du futur bébé. Dans l’intérêt de tous, toutes les futures mères méritent le plus grand respect et toutes devraient être soutenues pour un tel accomplissement. La loi fonctionne dans les 2 sens, pour les pensées constructives comme pour les émotions destructrices.

 L’affaire ne s’arrête pas là car, après sa naissance, l’enfant va, la plupart du temps, vivre dans une ambiance très féminisée : mère, grand’mères, gardiennes…école maternelle, primaire où la dominante féminine est de plus en plus prononcée. Toutes ces personnes vont marquer l’enfant de leur empreinte émotionnelle. Si l’enfant gardait un bon souvenir de cette période et de ce contact étroit avec le monde féminin pourquoi, une fois devenu grand, éprouverait-il l’irrésistible besoin de s’en prendre violemment à certaines de ses représentantes ? En conséquence, s’il s’en prend à des représentantes du monde féminin, pourquoi ne pas s’interroger sur la qualité de ce premier contact ?

Le coup de poing : méchanceté, vengeance, souffrance…?

Pourquoi notre société se contente-t-elle d’enregistrer les faits objectifs de violences physiques directes d’hommes à l’encontre de femmes sans s’interroger sur ce qui anime et sous-tend cette violence ? Parce que la réponse ferait peur ? Deux exemples :

Patrice Alègre : c’est une jeune femme prénommée Emilie qui avait permis de le découvrir. Au moment de son procès j’avais entendu son témoignage sur une radio. Elle l’avait rencontré et était allé dîner avec lui puis monta dans sa voiture. Quand elle se réveilla elle était allongée sur la banquette arrière. Elle comprend que sa vie est en jeu et choisit de lui donner de la tendresse et de l’affection plutôt que de lutter et de se débattre. Patrice Alègre l’épargnera, contrairement à ses autres victimes. Cela pourrait en dire long sur la problématique affective de cet homme. Son procès a révélé que les femmes qui avaient jalonnées son enfance avaient été particulièrement dures et féroces avec lui. On doit alors se poser la question : méchanceté pure et gratuite, vengeance, souffrance ?

Marc Dutroux : c’est un homme d’une grande intelligence qui aurait pu, selon son avocat, être un remarquable ingénieur s’il était né dans un milieu bourgeois, mais c’est un psychopathe ajoute-t-il. Son problème était-il sexuel ou affectif ? En enfermant des fillettes dans un trou de cave afin de les protéger d’un monde extérieur hostile, leur disait-il, on peut penser qu’il voulait avoir une assurance affective totale et absolue. Mais pour combler quel vide ? Dans un cas aussi excessif on doit alors aussitôt s’interroger sur la tendresse qu’il avait pu recevoir de sa mère au cours de sa petite enfance, voire avant. Je regarde peu la télévision mais j’ai eu la chance de voir une interview exceptionnelle de sa mère qui monologua pendant de longues minutes sans être interrompue. Je ne suis pas infaillible pour apprécier une personne et je peux me tromper, mais mon impression forte fut qu’il n’a pas dû bénéficier de beaucoup d’affection au cours de son enfance. Cela n’explique pas tout, beaucoup d’enfants manquent cruellement d’affection et n’en arrivent pas à de telles extrémités, mais avons-nous chercher à en comprendre la leçon ?

Et si les extrêmes révélaient l’ordinaire ?

Et si les cas extrêmes que les faits divers révèlent cruellement étaient là pour nous aider à pointer du doigt nos problèmes chroniques ? Nous ne voulons pas croire que les manifestations extrêmes d’hommes comme Patrice Alègre et Marc Dutroux pourraient avoir des causes très répandues que nous entretenons, voire cultivons, et d’abord le manque d’affection maternelle, tout particulièrement à l’égard des garçons qui doivent être élevés "à la dure". Si ce vide est prolongé par des gardiennes et des enseignantes réglant sur de jeunes garçons leurs problèmes avec l’homme, il ne faudra pas s’étonner des conséquences possibles. Cet analyse du problème conduit à inverser la proposition habituelle :

Ce serait la violence émotionnelle d’une partie du monde féminin à l’encontre de garçons qui générerait et entretiendrait la violence masculine à l’encontre de femmes ?

C’est une hypothèse de travail et de réflexion mais qui mériterait d'être sérieusement étudiée.

Quand je fréquentais le collège, dans les années 50, j’avais eu tout loisir d’observer les méthodes utilisées par plusieurs profs femmes pour déstabiliser en profondeur un garçon choisi pour cible alors que les profs masculins le laissaient tranquille. Ce qui fut fait est inimaginable et pourrait paraître peu crédible, et pourtant ce fut fait. Si cet élève avait flanqué un coup à une de ces profs les journaux auraient aussitôt parlé d’inadmissible violence au collège. Mais la violence psychologique quasi quotidienne avait pu s’exprimer et perdurer en toute impunité par un accord tacite entre profs et élèves. Si l’élève ainsi visé est assez fort pour supporter le choc, il pourra se construire en se nourrissant de cette expérience. Mais s’il n’est pas assez structuré et endurant il pourra déraper complètement. C’est ainsi un terrible test que certaines femmes imposent à certains garçons.

L’affaire d’Outreau, une affaire de trop ?

Non, sûrement pas une affaire de trop. C’est notre société toute entière qui l’a construite pas à pas et l’a permise, rendue inévitable et nécessaire. Mais là encore avons-nous cherché à la comprendre ? Elle fut lancée par les affirmations d’une femme plus tard démentie par son mari qui, de sa prison, écrira une lettre au juge pour lui dire « ma femme ment ». Trop tard, dans la foulée de l’affaire Marc Dutroux nous sommes collectivement engagés dans le toboggan et plus rien ne peut plus nous arrêter. Que c’est-il passé en chacun de nous ? La médiatisation énorme de ces affaires à réveillé en chacun ce que j’appelle le programme justice de far west qui sommeille dans notre cerveau ancestral. Nos ancêtres ont souvent assisté à des spectacles jouissifs d’exécutions sommaires qui ont marqué profondément leur émotionnel au point de nous le transmettre.

Ce puissant programme est encore enfermé en chacun de nous comme cette affaire l’a très clairement révélé. Les événements que je rappelais, ainsi que quelques autres, avaient lancé la chasse au pédophile sur tout le territoire. Il n’en fallait pas plus pour réveiller de façon collective un programme ancestral émotionnellement très lourd. Au nom de la protection de l’enfance chacun pouvait devenir un justicier. En réalité c’était des émotions fort lourdes qui se manifestaient ainsi. Chacun pouvait ainsi jouir du spectacle de la mise à mort : alors que 2 professeurs au moins venaient de se suicider après des accusations portées à tort par des élèves, à la télévision un ministre invite fortement à la dénonciation…La dénonciation prime la recherche de la vérité. Deux avocats publieront dans le journal Le Monde une lettre de mise en garde sur la situation : il vaut mieux avoir commis un crime que d’être accusé de pédophilie, écrivent-ils ! Les enquêteurs et les juges sont structurés de la même façon que tous et ces émotions ancestrales sont si puissantes qu’elles bloquent le fonctionnement normal de notre cerveau et donc la réflexion. Ce ne sont nullement des accusations que je formule ici mais une tentative d’explication d’un processus dans lequel chacun d’entre nous pourrait un jour se laisser entraîner. Le processus collectif nous empêche de réaliser qu’il s’agit non pas d’une belle manifestation de morale supérieure mais d’une réaction particulièrement sombre de la part d’ombre qui est en chacun de nous. Dire cela n’est évidemment pas non plus une défense de la pédophilie.

C’est, selon moi, la principale révélation de l’affaire d’Outreau. Mais nous la refusons et préférons croire que la justice a mal travaillé, qu’il faut la réformer, qu’en mettant 2 juges au lieu d’un on évitera de tels gâchis. Si les 2 juges ne font pas la même analyse cela pourra créer une interrogations mais s’ils sont du même avis l’effet sera amplifié, mais 2 avis concordants n’ont jamais fait la vérité. Non, ce n’est pas la justice qu’il faut réformer mais chacun de nous et cela nous ne l’acceptons pas encore.

Dissoudre les programmes ancestraux

Et pourtant, il faudra s’engager coûte que coûte dans le long et difficile chemin qui permet la dissolution progressive de nos programmes émotionnels ancestraux. Il existe des exercices codifiés pour cela. Le yoga a les siens avec les krias et le tratack, exercice maintenant le regard fixe alors que la méthode EMDR, popularisée par le psychiatre David Servan-Schreiber, faite de mouvements oculaires rythmés semble aussi être intéressante. Le rebirth est aussi une technique qui peut permettre de débuter. Des mystiques chrétiens ont utilisé dans ce but le jeûne, l’abstinence et la prière. La psychanalyse est aussi une technique qui vise à faire remonter les icebergs enfouis pour tenter de les faire fondre. Encore faut-il être capable de dégager suffisamment de chaleur pour y parvenir. Ce n’est pas un jeu que de faire remonter ce qui est verrouillé au fond de notre marmite. L’abstinence sexuelle, volontaire ou imposée par une situation de fait, est aussi une technique infaillible, si la libido est assez forte, pour faire remonter de troubles et puissantes émotions enfouies. Dans le cadre d’une émission télé sur la pédophilie j’ai entendu un prêtre dire : « quand on pratique l’abstinence sexuelle, tout ce qui est enfoui au fond de la nature humaine remonte à la surface. » On ne saurait mieux dire. Mais après il faut gérer, c’est à dire dissoudre ces effluves et c’est là la grosse difficulté. L’Eglise demande l’abstinence à ses prêtres mais ne leur donne aucune technique pour en assumer les conséquences. L’abstinence sexuelle peut être une technique efficace et à un certain moment nécessaire, mais elle n’est pas un jeu. On ne choisit pas toujours.

Sur ce sujet de la violence on peut lire par exemple cette étude canadienne (Psychiatrie et violence) où il est mentionné que ce serait les mêmes régions du cerveau qui gèrent l’agression et la sexualité (page 3). Voici quelques extraits qui confirment le rôle capital joué par les personnes ayant à s’occuper d’enfants pendant les toutes premières années de leur vie. Comme il est patent que ces personnes sont très majoritairement de sexe féminin, ces extraits souligneront l’immense responsabilité des femmes dans la genèse de la violence et aussi le potentiel de grandeur que contient leur travail qui pourrait devenir magnifique. Il est fort heureusement bien accompli parfois mais il reste encore beaucoup à faire.

« En ce qui concerne les liens affectifs, le moment crucial se termine vers l’âge de 18 mois. La qualité des soins reçus permet de procurer des liens affectifs solides. Pour l’autorégulation, vers l’âge de trois ans, la majorité des réseaux neuronaux est créée et les jeunes enfants deviennent capables de se calmer, de maîtriser les émotions fortes et de contrôler l’agressivité, sinon ils sont à risque d’avoir du mal à y parvenir le restant de leur vie . »

« Lorsque les abus ou la négligence se produisent durant les premières années de vie, soit durant la période de développement cérébral intensif, les expériences traumatisantes vécues laissent des traces irréversibles, tant sur la structure du cerveau que sur son fonctionnement. »

« les personnes victimes de traumatismes dans l’enfance présentent, dans plus de 50 % des cas, des anomalies à l’électroencéphalogramme , touchant plus particulièrement le système lymbique »

« Les résultats de recherche animale indiquent que les stress vécus très tôt dans la vie peuvent reconfigurer l’organisation moléculaire de ces régions en altérant les récepteurs de GABA, un neurotransmetteur responsable de l’inhibition de l’activité neuronale. Les neurones deviendraient alors trop stimulés et il en résulterait une irritabilité fonctionnelle du système lymbique. »

« Les techniques neuro-radiologiques appliquées à des personnes qui ont été maltraitées ou négligées révèlent donc un sous-développement des secteurs responsables de l’émotion, produisant chez eux une difficulté à créer des liens affectifs sains avec les gens.

La violence et la négligence peuvent donc entraver le développement de la régulation affective, tout comme celui des facultés cognitives,

motrices ou sociales. Les régions lymbiques sont responsables de la rage intense, de forts sentiments d’anxiété et de très hauts niveaux d’impulsivité.

Les personnes ayant vécu des traumatismes et des abus parviennent difficilement à modérer l’intensité de leurs sentiments pour résoudre efficacement leurs problèmes. Elles voient leur capacité à contrôler leurs émotions perturbée. En ce sens, elles ressentent de la frustration, de l’agressivité et une faible aptitude à surmonter cette frustration. De plus, elles ne développent pas leur capacité à s’autoréguler et à s’autoréconforter. Elles ne font plus confiance aux gens et tendent à s’isoler. »

Les violences dans le divorce

Le divorce est un bon instrument d’observation pour étudier les violences entre hommes et femmes. L’hebdomadaire Elle vient de publier un article à ce sujet (28 janvier 2008). Il est signé d’une femme Patricia Gandin et débute par une remarque sur Cécilia confrontée à l’idylle de notre président avec Carla… Le titre de l’article est en effet : « Quand votre ex vous remplace - Celle d’après ». Suit un témoignage d’une femme plus ordinaire mais dans la même situation : « C’est pénible de me l’avouer, mais depuis que mon mari file le parfait amour je croise les doigts pour que sa dulcinée ne tarde pas à le larguer… ». Une autre admet « être en rage que son ex ait une idylle avec une fille super jolie alors qu’elle vient à peine de claquer la porte… ». Selon l’article ce type de situation serait répandu : beaucoup d’hommes abandonnés par leur femme reconstitueraient rapidement un autre couple alors que celle qui a pourtant quitté s’enlise dans le dépit. Souhaiter que l’autre qu’on a pourtant aimé soit malheureux est évidemment une manifestation de nos violences enfouies. Souffrir de le voir heureux est l’effet boomerang de cette violence. La seule vraie solution au problème sera de s’engager bon gré mal gré dans une purification de notre cerveau lymbique. Une fois cela réalisé nous nous réjouirons naturellement de voir heureux ceux avec lesquels nous avons vécu, même dans d’autres bras.

La violence au masculin (au sens symbolique) est physique, externe, ponctuelle dans le temps et l’espace. La violence au féminin est psychologique et s’étale dans le temps et l’espace pour ronger de l’intérieur. La première est perforante, la seconde corrosive. La première fait souffrir le corps, la seconde veut torturer par les émotions. L’action, de symbolique masculine, évite de s’engluer dans le psychologique et c’est pourquoi, selon l’article, les hommes s’en sortiraient souvent mieux que les femmes. De ce point de vue nous assistons en léger différé au combat entre Cécilia et Nicolas ! L’article fait observer que quand Nicolas s’est affiché avec une journaliste du Figaro, Cécilia est revenu…En n’allant pas voter au second tour de la présidentielle elle a attaqué publiquement, faisant passer ses problèmes de couple avant l’exemplarité du devoir civique. C’est une attitude qu’Hillary Clinton par exemple n’aurait jamais eu. Elle était une élue avec une dimension politique et la politique est symboliquement masculine. La lutte est plus que féroce entre les politiques mais c’est une férocité froide, sans émotions, c’est un jeu tactique. Malheur au politique qui se laisserait entraîner par ses émotions…Une chose est sûre, Cécilia n’est pas faite pour la politique !