Une nouvelle expérience est décrite dans un autre article : il s'agit de 7000m de dénivelé en montagne dans la même journée (27/07/10) avec l'évolution de la fréquence cardiaque au cours des ascensions successives. (Tourmalet, Aspin, Peyresourde des 2 côtés plus Luz-Ardiden Cela prolonge et affine les expériences et observations rapportées dans cet article.



Voir aussi sur ce blog une comparaison  entre 2007 et mars 2010 sur le même vélo de route avec des observations intéressantes.


Voir aussi un additif à la fin de cet article sur les observations faites en septembre 2009 aussitôt après avoir (enfin) remplacé le VTT (sur route) par mon vélo de route. Le constat suggère que la FC est plus sensible aux développements utilisés qu'au poids et au rendement du vélo.


Gravir la même côte un grand nombre de fois avec un vélo de route puis un VTT beaucoup plus lourd et moins performant tout en faisant des mesures avec un cardio-fréquencemètre, voilà l’expérience que j’ai eu l’occasion de faire. Je la propose ici pour essayer de définir un moyen de suivre au cours du temps un état de forme avec un moyen simple et accessible à tous les cyclistes.

 

En 2007 j’utilisais un vélo de route de très bonne qualité avec lequel j’avais réalisé des mesures avec un cardio. Cet appareil relativement modeste donne la fréquence cardiaque instantanée (FC), le temps passé avec la FC dans une zone cible (j’avais choisi 120-130), ainsi qu’au dessus et au dessous de cette zone cible. Il donne aussi la FC moyenne ainsi que le nombre de kcalories qui est calculé par l’appareil à partir de la FC maximale choisie (ou calculée à partir de l’âge) et des FC instantanées.

44 fois la même côte dans la journée !

Je fais mes expériences dans une côte de 90m de dénivelé à 11% de moyenne avec 2 virages à plus de 15%. J’y fais souvent des va et vient en grand nombre. En 2007 je l’avais montée 3265 fois. Le 9 septembre 2007 je vais la gravir 22 fois le matin et autant en fin d’après-midi, après 16 heures, ce qui fera 3960m de dénivelé. Avec une autre côte pour le retour j’ai dépassé 4000m. le matin j’ai enregistré avec le cardio les résultats pour 2 séries enchaînées de 11 côtes et de même le soir. Les données sont reproduites dans le tableau ci-dessous avec les séries 1, 2, 3 et 4.


 

 

Série

 

Nbre côtes

Temps moyen

par côte

Kcal total

FC moy

Zone cible

[120 130]

FC>130

Kcal / côte

Kcal pour 1000 m

9/09/07 matin

 

11

5’35’’

 

561

102

7’51’’

0

51

567

9/09/07 matin

11

5’28’’

 

652

109

26’30’’

4’02

59,3

659

9/09/07 soir

11

5’36’’

585

104

4’18’’

0

53,2

591

9/09/07 soir

11

5’25’’

659

107

20’18’’

1’28

59,9

666

VTT

11/05/08

matin

16

6'16''

1164

109

1h00'18

15'34''

72,7

808

VTT

11/05/08

soir

16

6'44''

1325

109

54'31''

1'13''

82,8

920



Les 2 premières séries ont donc été réalisées à suivre ainsi que les 2 suivantes. Le vent était négligeable et la température extérieure a progressivement monté pendant la matinée alors que ce fut l’inverse après 16 heures. Cela a son importance car la FC est sensible à la chaleur extérieure. Malgré cela les 2 séries du matin sont très comparables aux 2 séries du soir : les temps de montée des séries 1 et 3 sont très proches avec cependant une dépense calorique et une fréquence moyenne plus élevées l’après-midi bien que le temps passé au dessus de 120 pour la FC ait été seulement de 4’18 pour la série 3 contre 7’51 pour la série 1. J’ai donc du passer plus de temps autour de 100-115 dans la série 3 que dans la série 1. Explications possibles : une température extérieure plus élevée et une fréquence cardiaque qui redescend moins vite au cours de la descente en raison des efforts cumulés depuis le matin et de la chaleur.


Les séries 2 et 4, qui suivaient sans interruption les séries 1 et 3, paraissent à première vue très comparables pour les temps de montée, la dépense calorique et la fréquence moyenne. Cependant, le temps passé au dessus de 120 est de 30’32 dans la série 2 contre 21’46 pour la série 4, ce qui est une différence importante qui ferait attendre une dépense calorique supérieure pour la série 2. Pourtant c’est l’inverse. Mais la température extérieure était certainement plus fraîche en fin de journée de ce 9 septembre qu’elle ne l’était entre 11h et 12 h.. C’est sans doute ce qui peut expliquer une performance meilleure de 3 secondes au prix d’une dépense calorique supplémentaire très minime et tout en restant à des FC plus basses que le matin dans la série 2. J’ai donc pu monter un peu plus vite que le matin tout en restant à des fréquences inférieures à 120, mais en restant plus longtemps au dessus de 115 par exemple, ce qui explique les calories supplémentaires.

La comparaison entre les 2 séries du matin d’une part et de l’après midi d’autre part montre à chaque fois que la seconde série est nettement plus rapide que la première. Le fait d’avoir pu réitérer cela l’après midi devrait montrer une bonne récupération. C’est un critère qui paraît intéressant.

Il faut aussi bien noter que la dépense moyenne par côte n’est pas constante. D’une façon générale et sauf accélération inopinée, la dépense calorique augmente avec le cumul des côtes. La capacité de récupération peut se définir et se mesurer par l’arrêt de ce phénomène après un temps de repos plus ou moins long.

Avec un VTT après la fracture du col du fémur

Après ma fracture du col du fémur (Fracture du Col du Fémur : Voir le récapitulatif des articles et de leurs sommaires ) en dérapant en vélo sur le verglas la veille de Noël, j’ai provisoirement opté pour un VTT beaucoup plus lourd et moins performant mais plus stable avec ses pneus plus larges. Toute chute m’est rigoureusement interdite. Il me permet aussi de monter cette côte grâce à ses développements plus petits. Quatre mois après cette fracture je parviens à la monter sur le 24x26 (24 à l’avant), parfois 24x23 mais c’est encore difficile.

Le 11 mai 2008 j’ai pu réaliser de nouvelles mesures sur cette même côte en y faisant 2 séries de 16, une le matin et l’autre après 16h30. La comparaison pourrait être très intéressante. J’ai consigné les données dans les séries 5 et 6 du tableau.

Je monte évidemment nettement moins vite en VTT qu’en vélo : d’abord parce que le VTT est plus lourd, que les pneus crantés rendent mal sur la route, que les roulements ne sont pas de la même qualité que sur mon vélo de route, que les chaussures à semelles souples transmettent moins bien l’impulsion et que la selle est moins haute pour plus de sécurité (ce qui réduit l’efficacité dans les forts pourcentages) ; mais aussi sans doute parce que je ne peux donner toute l’impulsion nécessaire avec la jambe gauche et qu’après une telle aventure la forme cycliste ne peut pas être aussi bonne*. L’intérêt de l’expérience est justement d’essayer d’apprécier tout cela et de prendre date pour enregistrer de futurs progrès.

* Ce point est confirmé 2 ans après, en mars-avril 2010 où des tests comparatifs sur le même vélo de route confirment que le cœur monte plus haut pour le même effort qu'il ne le faisait en 2007. Voir mon article sur ces tests. Cela a aussi été confirmé le 27 mai 2009, jour de l'opération pour l'ablation du matériel et où la FC était suivie en permanence : j'ai pu constater qu'elle restait plus haute qu'au cours de la première opération le 25 décembre 2007. Ce point est important pour relativiser le rôle proprement dit du VTT par rapport au vélo de route.

C’est l’avantage des accidents : ils offrent soudain une nouvelle marge de progression !!! Faut positiver !

Premier constat :

Les temps de montée sont beaucoup plus longs et la dépense calorique est considérablement plus importante avec le VTT. Alors que la dépense moyenne par côte avait oscillé entre 51 et 60 kcal avec mon vélo, elle a varié entre 73 et 83 avec le VTT ! Alors que j’avais mobilisé 567 kcal pour monter 1000m en vélo le matin du 9 septembre et 666 le soir, j’ai dû en dépenser 808 le matin avec le VTT et 920 l’après-midi.

Comment peut-on analyser de telles différences ? 

Supposons que les FC aient été identiques en vélo et en VTT mais à une allure moindre avec cet engin. Le temps de montée étant plus long, la dépense calorique sera d’autant plus grande et c’est la première explication. On peut chiffrer cela en prenant l’expérience du 9 septembre comme base de calculs. Comme je ne me suis pas ménagé le matin dans les premières côtes (plusieurs montées en nettement moins de 6’), je prends la série 2 de septembre plutôt que la 1. Le rapport entre les temps moyens de montée, 6’16 et 5’28, est de 1,146, ce qui donnerait 652x1,146=747 kcal, la dépense que j’aurais faite le matin du 9/09/2007 si j’avais disposé d’une côte plus longue gravie à la même fréquence cardiaque.

Mais j’ai dépensé 1164 kcal et non 747. L’écart reste très important. Il doit correspondre à l’addition d’au moins 2 facteurs : un engin moins performant et un cycliste également moins performant ! On peut cependant noter que les FC moyennes sont identiques : 109 ! Mais j’ai passé 1h16’ au dessus de 120 en VTT contre 30’ avec le vélo, ce qui s’explique ainsi : pendant la montée le cœur doit monter plus haut pour tirer le VTT plus lourd malgré la vitesse moindre et pendant la descente, pourtant effectuée beaucoup plus lentement pour raison de sécurité, ce qui allonge le temps de récupération, le cœur ne redescend pas aussi rapidement ni aussi bas qu’auparavant. Et ça chiffre !

En forme grâce à la mil-thérapie ?

D’ailleurs dans la seconde série faite le soir je ne peux pas rouler aussi rapidement que le matin (6’44 contre 6’16 pour les temps moyens de montée), ce qui est contraire à l’expérience de septembre et met sans doute en évidence une moins bonne capacité de récupération. Je vais quand même passer 56’ au dessus de 120 pour la même FC moyenne de 109 et une dépense beaucoup plus élevée de 1325 kcal, soit 920 kcal pour 1000m contre 666 dans la seconde série du soir avec le vélo.

Le matin du 9 septembre 2007 j’avais fait 1980m de dénivelé pour 652+561=1213 kcal, ce qui correspond à 1900m de dénivelé pour 1164 kcal alors que je n’en ai fait que 1440 avec le VTT pour cette dépense. Le soir du 9 septembre j’avais fait le même dénivelé pour 1244 kcal, ce qui correspondrait à 2109 m pour 1325 kcal alors qu’en VTT je n’en ai fait que 1440. Autrement dit, la dépense physiologique que j’ai mobilisé ce 11 mai 2008 pour monter 2880m en VTT correspondrait à 4000 m avec mon vélo de route dans les conditions du 9/09/07.

Malgré tout, il a quand même fallu les sortir ces calories et ce n’est pas si mal dans ces conditions. C’est le côté positif de l’affaire car ces comparaisons en apparence défavorables sont aussi très encourageantes : je peux fournir des efforts importants.

D’ailleurs je me sens plutôt bien. Je pense que les séances de mil-thérapie (voir les § mil-thérapie et médecine quantique) que je me suis accordées pour raison de fracture grave ont eu une action très bénéfique sur l’état général : le protocole prévoit non seulement de traiter la zone de fracture mais aussi de faire 5 minutes sur le cœur et autant sur les surrénales. Cela m’a fait beaucoup de bien et je me suis senti rajeuni par ces séances. Une explication possible étant une amélioration significative de la production de la fameuse DHEA, l’hormone de jeunesse, par les surrénales.

L’effort a quand même été important car une fois rentré je constate que le cœur reste au dessus de 80 alors que debout et reposé il dépasse rarement 60. Il faudra que je m’allonge pour qu’il redescende. Je constate aussi que même après la douche j’ai froid et je mets plusieurs pulls alors qu’il fait plutôt chaud. Cela durera moins de 2 heures et le lendemain j’ai l’impression d’avoir complètement récupéré. Prêt à recommencer !

Additif (3 mai 2010) :

 

Cet additif rapporte des mesures faites en août 2009 sur VTT puis en septembre 2009 sur mon vélo de route que je n'avais plus utilisé depuis Noël 2007 en raison de l'accident. Bien que les roulements soient de bien meilleures qualité, qu'il soit beaucoup moins lourd et d'un rendement bien meilleur sur la route,il est doté de développements sensiblement plus grands que le VTT, ce qui va me poser des problèmes dans les fortes pentes, du moins au début.

 

Ce qui va être intéressant c'est que cela va se voir sur les chiffres et c'est pourquoi je les propose dans cet article qui reçoit souvent des visiteurs.

 

Voici donc les chiffres. Dans les colonnes zone cible et >130 j'ai ajouté en italique le temps moyen par côte soit par exemple 42,5 secondes entre 120 et 130 pour la première série du tableau. Ce afin de faciliter les comparaisons entre des séries de 16 côtes et d'autres de11.

 

Je précise que  le chrono du cardio reste en marche de la première côte jusqu'à la dernière descente. Les temps concernant la FC incluent donc les temps des descentes. Cela est nécessaire car en haut de la côte la FC est élevée et la descente est  brève, aussi la FC reste élevée pendant une partie de la descente. Ce serait différent en montagne avec des descentes beaucoup plus longues.

 

 

Série

 

Nbre côtes

Temps moyen

par côte

Kcal total

FC moy

Zone cible

[120 130]

FC>130

Kcal / côte

Kcal pour 1000 m

VTT

16/08/09

Très chaud

16

6'04''

1419

124

11'26''

42,5''

1,27'29''

5'28''

88,7

985

23/08/09

9h...

16

5'48''

1216

115

29'14''

1'49''

 

53'18''

3'19''

76

845

Vélo

27/09/09

15h15...

11

5'46''

947

123

6'35''

35,5''

58'34''

5'19''

86

957

27/09/09

17h...

11

5'38''

987

127

4'24''

24''

1h02'13

5'39''

89,7

997

4/10/09

15h15...

11

5'34''

766

114

36'53''

3'20''

18'55'

1'43''

69,6

774

4/10/09

17h...

11

5'36''

814

116

33'08''

3'00''

25'20''

2'18''

74

822

1/11/09

9h30...

16

5'40''

1102

114

39'10''

3'33''

40'20''

2'31''

68,9

765

18/04/10

9h15...

11

5'39''

697

113

34'59''

3'10''

16'27''

1'29''

63,4

704

 

Notons d'abord les moins bons résultats de la séance du 16 août que j'ai mis sur le compte de la très forte chaleur ce jour là.

Le principal constat est que les séries du 27 septembre 2009 sur le vélo ne sont pas meilleures que celles sur VTT en août. On observe ensuite une nette amélioration avec une diminution importante du temps passé au dessus de 130 pour des temps de montée comparables. Cela s'explique par des développements trop grands au début pour mes possibilités. L'observation est donc très intéressante car elle suggère assez clairement qu'avec de plus petits développements sur mon vélo de route j'aurais pu monter plus facilement (FC moins élevée) et sans doute aussi plus rapidement.

 

Il est également intéressant de mesurer l'importance et la vitesse de cette récupération. Cela a été interrompu par un hiver long et froid où j'ai peu grimpé. La reprise ne s'est faite que courant mars. Dans un autre article j'ai présenté les résultats sur vélo de route à partir de mars 2010. Le constat est qu'après un hiver où j'ai peu grimpé les résultats n'étaient pas meilleurs qu'à l'automne 2009. Mais ils vont en s'améliorant, c'est à dire avec une diminution sensible du temps passé au dessus de 130 qui apparaît comme un bon critère (130 pour moi, mais il peut être préférable de choisir une autre valeur pour d'autres). J'ai rapporté ici les résultats de la première série de 11 du 18 avril 2004 où j'en ai réalisé 4 soit 4000m de dénivelé.